Hypnose Ericksonienne



Je collapse… Dr Stefano Colombo, Revue Hypnose et Thérapies brèves 56




Je collapse… Dr Stefano Colombo, Revue Hypnose et Thérapies brèves 56
L’autre jour, je venais de recevoir le titre de cet écrit. J’ai aussitôt bien pensé de ne pas le prendre au pied de la lettre. Cela vous aurait privé des lignes suivantes et aussi libéré des « Quiproquo » à venir. Maintenant, vous avez envie de démarrer de suite la lecture de ce « Quiproquo ». Du calme ! Laissez-moi sortir des décombres de la maison littéraire qui vient de s’effondrer juste au moment de commencer à écrire ce « Quiproquo ». Comment ? Un tremblement de terre quand je remarque tout simplement l’inexistence du mot « collapser ».

Par prudence et honnêteté, j’avais lancé un coup d’oeil au dictionnaire du Centre national de Ressources textuelles et lexicales (www.cnrtl.fr) qui m’a aussitôt répondu par un coup de poing : « Cette forme est introuvable. » Mettez « collapsé », « collapsais », « collapserons »… n’importe quelle forme ayant à faire avec « collapser » est introuvable. Sauve qui peut ! J’essaie « colapser », « conlapser », « coolapser », « cool-app-c’est », rien n’y fait. Que faire ? Ecrire à partir d’un mot qui n’existe pas ? Cela reviendrait à créer d’emblée un « Quiproquo ». A vrai dire, l’idée me plaît. Vous écrivez une dissertation dont le titre est un mot inexistant. Cela doit faire étrange : au lieu du titre, il n’y a rien. Majuscule ou minuscule : aucune importance. Normal ou italique ? A quoi bon ? Gras ou mince ?

Ce ne serait pas une mince affaire que de vouloir mettre en gras ce qui n’est même pas mince. Et cela ne le convertirait pas en une grasse affaire. On pourrait mettre le titre en évidence, vous savez, le surligner, comme l’on dit en français. Oui, oui, je me suis fait engueuler, une fois, pour avoir demandé un crayon fluorescent au kiosque de la gare de Lyon-Part-Dieu. Non ! ce n’était pas Dieu qui m’a engueulé. Ce n’était pas non plus de sa part. Ce n’est quand même pas de ma faute si une des gares de Lyon s’appelle Part-Dieu. Saviez-vous que Lyon comporte cinq autres gares : Lyon-Perrache, Lyon-Vaise, Lyon-Saint-Paul, Lyon-Jean-Macé et Lyon-Gorge-de-Loup ? (wikipedia.org/ wiki/Gare_de_Lyon-Part-Dieu).

Et avec Lyon-Saint-Exupéry, cela fait sept. Sept ? Oui, cinq autres signifie en plus de l’une, donc déjà six et une de plus, cela donne sept. Perdu le sujet ? Pas du tout. D’autant plus que nous étions concentrés, vous et moi, à la construction imaginaire d’un texte dont le titre est inexistant. Consulter, de temps à autre, le monde pixellisé (on peut aussi écrire : pixélisé) élargit nos connaissances. Exemple : toujours avec la gare de Lyon-Part-Dieu, vous tombez, sans vous faire mal, sur ceci : « La gare de Lyon-Part-Dieu est située au point kilométrique (PK) 5,0102 de la ligne de Lyon-Perrache à Genève (frontière) entre les gares ouvertes de Lyon-Perrache et de Crépieux-la-Pape et au PK 507,5052 de la Ligne de Collonges - Fontaines à Lyon- Guillotière à 177 m d’altitude. » Passionnant, n’est-ce pas ? Est-ce que Dieu savait-il qu’il y a eu une pape ? Les érudits (?) n’oublient pas la légende, peut-être légende !, de la papesse Jeanne qui se fit passer pour un homme et, devenue pape, a accouché lors de son pontificat.

Depuis, il y a « vérification » du pape élu par le biais de la chaise percée. Si l’examen s’avère concluant, l’ecclésiastique responsable de la vérification s’exclame : « Duos habet et bene pendentes ! » Aux cardinaux il ne reste que de répondre par un soulagé « Deo gratias ». Je vous le dis : les voies du train sont infinies ! Nous disions donc : surligner le titre pour le mettre en évidence malgré son inexistence. D’un point de vue philosophique, cela ne pose aucun problème. Ne faites pas les difficiles. La chose se corse avec l’informatique, encore elle, une fois de plus elle, de nouveau elle : comment donner l’ordre de surligner le titre qui est inexistant ? Essayez, vous verrez : la machine, n’importe laquelle, refuse. L’intelligence artificielle n’est pas philosophique pour un sou. Elle n’y comprend rien. Elle veut prendre le rien pour quelque chose et, quand rien apparaît, elle fait semblant que ce quelque chose n’existe pas. Allez savoir... Oublié le surlignage.

Ah ! c’est ma journée ! Je tiens à souligner que je n’y suis pour rien. Je vérifie, toujours par prudence et honnêteté, et je trouve que souligner et soulignage existent bel et bien, tandis que si surligner existe, surlignage n’existe pas, toujours selon le cnrtl (www.cnrtl.fr). Mon honnêteté frise l’obsessionnel : je regarde dans Larousse (www.larousse.fr/ dictionnaires). Il y a de quoi collapser : sous soulignage vous trouvez « soulignage » ou « soulignement », sous surlignage, et pas sur surlignage, vous trouvez : « sur lignage », « surligna », « surlignée », « surlignasse » et j’en passe… pour pouvoir faire la rime. J’abandonne l’idée de surligner le titre. Peut-être faudrait-il souligner le titre pour attirer l’attention du lecteur qui pourrait penser que l’auteur l’a oublié ou que l’imprimeur l’a mis à la poubelle d’un simple clic sur la mauvaise touche. C’est bien la plus fréquente raison de toutes les erreurs de l’humanité depuis quelques décennies: « C’est l’informatique. » Elle a vraiement bon dos l’informatique, grâce à elle plus personne ne commet d’erreurs.

On devrait l’appeler l’« infirmatique », toujours infirme, jamais en bonne santé. Je vous assure : écrire est dangereux, vous risquez un collapsus. Ah ! tiens ! Peut-être que… sauvé ! collapsus existe ! Je peux commencer le « Quiproquo » en faisant presque semblant que je ne savais pas. Comme on peut partir d’un substantif et arriver à un verbe, exemple : souligner - soulignage, on peut aussi faire le chemin inverse : du substantif au verbe : collapsus - collapser ou… collapsurer ou collapsuser ? Ce n’est pas le Larousse qui m’aide : mettez « collapser » et vous trouvez, entre autres : « collasse », « cillasse », « clapisse », « coulasse ».

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Dr STEFANO COLOMBO Médecin psychiatre, psychologue diplômé con sultant à la Faculté de Médecine de Genève (enseignement et supervision). Enseigne l’hypnose éricksonienne et la thérapie cognitive en France, Belgique, Suisse et Italie. Conférencier.

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Dr MOHAND CHÉRIF SI AHMED (alias Muhuc). Psychiatre en libéral à Rennes. Formation en hypnose et thérapies brèves. Pratique des thérapies à médiations artistiques. Utilise particulièrement le dessin humoristique de situation en thérapie (pictodrame humoristique). Illustrateur et intervenant par le dessin d’humour lors de rencontres et congrès médicaux.


Rédigé le 20/05/2020 à 18:10 | Lu 76 fois modifié le 20/05/2020

Laurent GROSS
Kinésithérapeute, Hypnothérapeute, Psychothérapeute certifié par l'ARS en 2013, Président du... En savoir plus sur cet auteur





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