Rencontre. Revue Hypnose et Thérapies Brèves 78.




Cette fois je dois vous avouer une chose incroyable. Il y a quelques jours, j’ai reçu le courriel de la part du rédacteur en chef avec la proposition du titre de ce « Quiproquo ». Comme d’habitude, me diriez-vous. Et, comme d’habitude, je ne peux que vous féliciter pour votre intuition, votre lucidité d’esprit. Cet éloge s’adresse en particulier aux/à les nouveaux/elles lecteurs/trices de la Revue ; pour les abonnés/abonnesses, pourquoi pas, c’est plutôt un revu. Je vous vois déjà horripilés par l’ignorance d’un auteur exclusif concernant l’écriture inclusive. Alors je vous laisse le soin, voire le plaisir, d’inclure tout ce que vous voulez, vous-mêmes. Pourquoi ? allez-vous objecter. Pour la simple raison que le « Quiproquo » est limité dans le nombre de caractères, espaces compris. C’est, dit en passant, de là que vient la phrase : il a tant de caractère qu’il occupe toute la scène.

La seule infime différence est que dans ce dernier cas « caractère » s’écrit au singulier, tandis que le « Quiproquo » en emploie tellement qu’il faut l’écrire au pluriel. L’aviezvous vue cette subtilité ? Mais encore : est-ce correct de dire « il faut l’écrire au pluriel » plutôt que « il faut les écrire au pluriel » ? Bref, le « Quiproquo » est limité dans l’espace excluant l’inclusivité pour laisser la place aux pensées exclusives. Par contre, il n’est pas limité dans le temps, il est éternel. Gonflé ? Pas du tout ! Ne cherchez pas midi à quatorze heures. Lors d’une randonnée en montagne, j’ai tout simplement laissé tomber ma montre qui a perdu ses aiguilles en se fracassant contre un rocher et, d’un seul coup, le chronos est devenu aiôn ou quelque chose de similaire.

Merci de vous référer à vos connaissances en grec ; en grec, pas en Grèce et encore moins en graisse, ce qui m’amène à maigrir mes réflexions. Par exemple en les réduisant à la simple question : pourquoi dit-on « faut pas chercher midi à quatorze heures » et pas à quinze ou seize heures ? On a bien aussi dit autrefois « chercher midi à onze heures ». Il paraît que c’était l’expression des personnes lentes qui avaient intérêt à commencer à chercher midi à onze heures.

Un peu comme dans ce « Quiproquo » où les espaces vides, houps !, quel lapsus, les caractères et les espaces vides nous ont amenés à l’incroyable qui m’était arrivé lors de la réception du titre. Prémisse : quand je reçois le titre, mes réactions réflexives ou mes pensées réactives se mélangent et divergent à une telle vitesse qu’il m’est difficile, voire impossible, de les expliciter.

On pourrait chercher dans les dictionnaires des expressions comme : ah bon !, ça alors !, bof !, hum !, pff !, déjà dit, rebelote, y en a marre, redondant, banal, quoi encore, non mais ça va ou quoi, ne manquait plus que ça, exagéré, hors de question, j’abdique, je renonce, super !, youpi !, trop bien, et j’en passe. Cette fois-ci, je n’ai pas eu le temps de laisser s’imprimer sur mes rétines les quatres premières lettres du mot « rencontre » que je m’étais déjà endormi, électroencéphalogramme à plat. A bien y réfléchir, avec les quatre premières lettres j’aurais pu lire « rancune », « rancoeur » ou bien « rancard », mais la fréquence du mot « rencontre » a fait rencontrer mes pupilles avec ce dernier mot. Que voulez-vous écrire à partir d’un mot si courant, si usuel, utilisé à tout bout de champ : rencontre de foot, rencontre amoureuse, rencontre au sommet, rencontre du troisième type, mauvaise rencontre, rencontre fructueuse, et tous les adjectifs que vous désirez.

Alors un rayon du sud a piqué ma curiosité : en italien rencontre se dit « incontro », et en français « encontre » existe bel et bien. Je me suis aussitôt dit que le « r » y était pour quelque chose. Première idée : le « r » ou le « re » de la répétition ; exemples : relire, recopier, redémarrer. Mais avec « rencontre » comment faire quand il s’agit d’une première rencontre ? Et lors de la deuxième, dois-je dire rerencontre ? Admettons. Mais que dire de la rencontre entre thérapeute et patient après x années de thérapie ? Rerererererencontre ? Ça ronronne presque comme pendant certaines séances. Deuxième idée : je me suis de nouveau endormi. Troisième et dernière idée avant un nouvel accès de narcolepsie : je plonge dans un dictionnaire (cnrtl.fr) et me réveille complètement par les surprises qui m’attendent. Quelques exemples. - Fait de se trouver fortuitement en présence de quelqu’un. Pour une fois que je décide de rencontrer volontairement un mot, voilà que la première définition parle de rencontre fortuite. Et pourtant je n’ai pas tapé sur mon clavier en plongeant dans la narcolepsie.

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Dr Stefano Colombo Médecin psychiatre, psychologue diplômé consultant à la Faculté de Médecine de Genève (enseignement et supervision). Enseigne l’hypnose ericksonienne et la thérapie cognitive en France, Belgique, Suisse et Italie. Conférencier.

Dr Mohand Chérif Si Ahmed (alias Muhuc) Médecin psychiatre, aujourd’hui à la retraite mais jamais en retrait des cultures d’hypnose et de thérapies brèves. Continue plus que jamais et exclusivement à utiliser le dessin d’humeur et d’humour dans divers congrès médicaux et autres (« picto-conférences »).

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N°78 : Août / Sept. / Oct. 2025

Regards sur l'Hypnose

Julien Betbèze, rédacteur en chef, nous présente ce n°78…

8 / Éditorial : « La transe hypnotique est avant tout une expérience poétique » Julien Betbèze
10 / En couverture : Florence Cadène Magnétisme animal Sophie Cohen 

12 / Internalisation d’un lien sécurisant Théo, 10 ans et « son » anxiété d’endormissement Arnaud Zeman
24 / Le témoin intérieur et la honte Tout le monde est mieux que moi Géraldine Garon et Solen Montanari
36 / Sortir de l’adoration du produit Dissiper les ruminations du veau d’or : les clés du traitement des addictions David Vergriete et Alexandrine Halliez

ESPACE DOULEUR DOUCEUR 


46 / Introduction Gérard Ostermann
50 / Cris et hypnose Répondre aux cris des personnes âgées grâce à l’hypnose Hélène Pousset Abbouchi
58 / Autohypnose pour mon épaule gauche (rupture de la coiffe des rotateurs) et le couple hypnose/fascia Nelly Cadra

73 / DOSSIER REGARDS SUR L’HYPNOSE 

74 / Voyage IRM au coeur de l’expérience hypnotique. Exploration de la portée clinique de l’hypnose Jean-Philippe Cottier et Valentin Lefèvre
84 / L’hypnose et le dormeur éveillé Entre songe et pensée Alexandru Cupaciu
88 / Hypnose de spectacle : bénéfices ou dangers pour le sujet Stéphane Radoykov
94 / Une rencontre Être avec... Roxane Yvernay



RUBRIQUES
- QUIPROQUO 

102 / Rencontre S. Colombo, Muhuc BONJOUR ET APRÈS... 

106 / Marie, ou l’accompagnement d’une patiente lors d’un traitement de cancer Sophie Cohen LES CHAMPS DU POSSIBLE 

110 / Ce que le corps ne dit pas, mais que l’hypnose écoute : croire pour transformer Adrian Chaboche CULTURE MONDE 

114 / L’appel de l’âme Venir au monde dans le village Hmong de Cacao Alice Mancinelli

LIVRES EN BOUCHE
120 / J. Betbèze, S. Cohen
125 / ESPACE FORMATIONS

Illustrations: Florence CADÈNE

Rédigé le 08/03/2026 à 22:06 | Lu 6 fois modifié le 08/03/2026

- Vice-Président de France EMDR-IMO - Formateur en Hypnose Médicale, Ericksonienne et EMDR - IMO… En savoir plus sur cet auteur